dimanche 13 août 2017

[Nouvelle] La Sorcière d'Efteling - partie 2

(Après des loooongues vacances, Rue Efteling revient (et NewsRiders aussi patience ...), avec la deuxième partie de la nouvelle écrite par Sylvain. En passant, son premier livre Histoires d'Attractions est paru, si il vous intéresse, c'est par ici !



Les rayons du soleil qui arrivent depuis la petite fenêtre (que bien sûr la magie dissimule des regards extérieurs) ne la réveille pas. Non elle entend beaucoup de bruits à l’extérieur, décide d’observer discrètement ce qui s’y passe, et voit autour de sa maison une multitude d’enfants et de parents qui courent de tous les côtés, regardent sa maison et les autres bâtiments. Les gamins sont peureux devant un dragon posé sur un rocher, admiratifs devant un homme qui étire son cou jusqu’au ciel, et viennent toucher les gâteaux devant chez elle ce qui semble déclencher dans sa porte l’indignation du visage de la vieille femme. Curieuse de tout cela elle sort de sa maison en faisant attention à ce que personne ne la remarque. Il y a énormément de gens qui se promènent dans les allées, tous rient et sont heureux, ils rentrent dans les diverses bâtisses et en ressortent bien des minutes après encore plus souriants. Et tous les personnages hier immobiles sont maintenant animés de quelques mouvements et prononcent des phrases de manière répétitive. Décidant de continuer sa visite en suivant le flux des visiteurs elle arrive devant une façade ornée de grandes fleurs et d’un grand portail. Après un chemin un peu bizarre elle passe une porte plus petite et des gens l’invitent à s’asseoir dans un drôle de banc suspendu au plafond et qui avance tout seul au milieu d’autres sièges identiques. C’est en arrivant devant la première scène où des fées dansent au milieu d’une forêt très fleurie qu’elle comprend où elle se trouve : c’est un manège, elle est dans un parc d’attractions ! Les yeux pleins d’étoiles elle sort de là en comprenant pourquoi tout le monde y sourit. Ce qu’elle souhaite maintenant c’est trouver d’où provient l’énergie magique et comprendre sa présence dans un lieu créé par l’homme. Un bout de papier traîne au sol, elle le ramasse et voit que c’est un plan, sur lequel est tracé en grandes lettres calligraphiées un nom : Efteling. Voilà comment s’appelle ce parc. C’est à ce moment-là qu’elle sent à la puissante magie réapparaitre, elle fonce dans la direction d’où elle provient, forcément personne dans les visiteurs ne ressent cette force. Au bout d’une allée, dans un bâtiment ressemblant à un hall de gare elle voit une silhouette lui faisant un signe de la main, c’est lui qui dégage toute cette magie. Elle court plus vite encore pour rejoindre cet homme qui vient de se placer derrière un large poteau. Toute heureuse elle arrive à la station et s’apprête à contourner la colonne pour rencontrer celui qui pourra certainement l’aider.

Mais la déception est grande, derrière le poteau il n’y a plus personne. La puissance magique s’est estompée juste à son arrivée dans la station qui se révèle être un restaurant. Epuisée par cette course, la sorcière s’assoit sur une chaise. Elle est déçue de l’avoir raté de si peu, il veut certainement jouer avec elle mais il va découvrir qu’elle est tenace et continuera ses recherches jusqu’à ce qu’elle puisse le rencontrer.

Pendant plusieurs jours elle parcourt ainsi les allées, les places, les attractions. Elle cherche dans les moindres recoins, elle s’amuse énormément mais pas de traces de l’être fabuleux qu’elle recherche. A force elle connait Efteling sur le bout des doigts, ainsi que les êtres mécaniques qui le peuple et elle se dit que si elle veut des renseignements ils sont à même de les lui donner. En plus user de sa magie fera certainement sortir l’autre sorcier de sa cachette. Le soir même quand tous les visiteurs sont partis elle décide de réveiller en premier celui qui parle le plus et semble connaitre beaucoup de choses : l’Arbre du Bois des Contes. Ce dernier, tout heureux de pouvoir enfin s’exprimer librement essaie de l’aider du mieux qu’il peut mais fixé au sol comme il est il ne sait finalement pas tout du parc et peut juste lui rapporter ce dont les visiteurs parlent devant lui. Il lui conseille donc de donner vie au Loup puisque ce dernier apparait plusieurs fois à Efteling. Elle s’empresse d’aller discuter avec celui devant la maison de la chèvre mais une fois vivant son côté bête et méchant prend le dessus et il ne trouve rien de mieux à faire que de profiter de la situation pour croquer un chevreau. Malheureusement pour lui les petites chèvres sont encore des statues et il se casse toutes les dents sur la petite tête blanche. Dépitée elle remet le loup à sa place et part revoir l‘Arbre. Ce dernier lui conseille de voir Monsieur Long-Cou qui doit sûrement savoir où dénicher ce qu’elle recherche, l’ayant peut-être vu grâce à la hauteur qu’il peut prendre. Elle réveille donc ce drôle d’être extensible mais il ne se souvient pas avoir vu une personne de ce genre. Tout n’est pas perdu, il lui dit qu’avec l’aide de ses pouvoirs il pourrait monter plus haut qu’à l’habitude et sûrement le trouver. Elle lance donc le sort et son cou s’allonge, s’allonge, s’allonge jusqu’à dépasser le plus haut des arbres du parc. La sorcière, obligée d’hurler pour qu’il l’entende, lui demande alors s’il voit quelqu’un utilisant de la magie, mais Long-Cou s’excuse auprès d’elle de ne rien repérer de ce genre. Après avoir redonné un cou convenable à l’automate elle retourner encore vers l’Arbre qui pense que le fakir pourra l’aider. Il sait voler sur son tapis et faire fleurir les tulipes grâce à sa musique, il doit donc s’y connaitre en sorcellerie. Cependant comme les autres personnages il ne sait pas d’où vient la magie qu’elle recherche. Sentant en lui une certaine tristesse elle l’interroge sur ce qui le préoccupe et le fakir lui avoue que son pays lui manque. Pour le consoler la sorcière décide de l’amener faire un tour dans une attraction où une barque les promène dans un véritable univers des Milles et une Nuits. Tout heureux le fakir profite de la balade merveilleuse dans un palais du Moyen-Orient, puis revenu à son propre palais il joue de sa flûte avec une telle conviction qu’il fait fleurir les tulipes rouges et les tulipes jaunes simultanément, ce qu’il n’avait jamais réussi à faire auparavant. La sorcière, pas plus avancée dans sa quête et éreintée par sa soirée décide d’aller se coucher dans sa maisonnette ...

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