mercredi 24 janvier 2018

[Nouvelle] La Sorcière d'Efteling - partie 3

Troisième et dernière partie du conte La Sorcière d'Efteling, écrite par Sylvain. Son livre est toujours disponible ! :)

Le lendemain, entendant depuis son lit les visiteurs parler d’un automate qui ne se comporte pas comme habituellement elle pense soudain que l’Arbre des Contes est toujours « vivant ». Elle se lève d’un bond, se prépare le plus rapidement possible et court au pied de l’Arbre. Effectivement ce dernier raconte des histoires comme à son habitude mais en plus il se permet de parler directement aux enfants. Pour l’instant les parents pensent simplement que le parc teste une version plus évoluée de l’automate forestier mais elle sait que très vite ils s’interrogeront réellement et risquent de causer des problèmes. Profitant d’un moment où il n’y a plus de visiteurs dans le coin elle s’apprête à rendre son immobilité à l’arbre mais ce dernier lui confie alors avoir entendu parler d’une forte magie dans un autre endroit du parc. Une lourde malédiction pèse sur une villa blanche, il lui dit donc d’aller y jeter un œil. Après avoir lancé son sort elle décide de suivre le conseil de l’Arbre et va voir la demeure qu’elle avait déjà repérée. Elle se souvient y être rentrée durant le premier jour mais n’avait rien repéré de réellement magique. Peut-être que la force ne se manifeste pas à cause des visiteurs ? La sorcière choisit alors de se cacher dans la maison et d’attendre de voir ce qu’il se passera quand tout le monde aura quitté le parc. Une fois la nuit tombée et la maison vide elle repère un automate représentant un vieil homme et décide de le réveiller. Aussitôt le personnage prend vie mais pas uniquement puisqu’il se retrouve baignée d’une lueur fantomatique. Une voix résonne alors et parle à la sorcière en lui disant qu’il est le véritable esprit d’Hugo van den Loonsche Duynen. Il était le chef d’une bande de voleurs qui chevauchaient des boucs et terrorisaient les campagnes environnantes. Mais après avoir volé et saccagé une abbaye il fut maudit par une mystérieuse dame blanche et depuis erre dans le monde attendant un être à la conscience aussi pure qu’un nouveau né qui le délivrera. Soudain elle sent une grande puissance magique pénétrer la Villa et prendre forme sous les traits d’une grande silhouette lumineuse. C’est l’esprit de la dame blanche qui interdit à la sorcière de venir en aide à Hugo. Aucune magie ne peut briser sa malédiction hormis l’être pure qui pourra lui accorder le pardon. La sorcière se sait plus puissante que la dame blanche qui n’est donc pas l’être qu’elle recherche mais ne veut pas malgré tout d’un affrontement. Elle lui explique alors que le destin du vieux bandit n’est pas dans ses préoccupations et lui demande si elle connait une force magique plus grande que la sienne et qui apparait ici. La dame blanche se mets alors à rire bruyamment pour se moquer de la sorcière. Elle se trouve sur le domaine de la personne qu’elle cherche depuis bien des jours mais elle n’a pas encore réussi à deviner qui il est ? Pourtant elle a déjà du le voir et même le croiser de très près dans le parc. Il en est le héros, le plus apprécié des petits visiteurs, mais aussi sans que ces derniers ne le sachent l’essence même d’Efteling qui lui donne tout son aspect magique. Surprise de la réaction de l’être lumineux la sorcière ne voit pourtant pas de qui il s’agit. La dame blanche se calme alors et lui conseille de rentrer dans sa maisonnette. D’ici peu elle aura une visite particulière qui devrait répondre à toutes ses questions.

Méfiante mais ne sachant que faire d’autre elle quitte donc Hugo et son tourmenteur pour rentrer chez elle et attendre son visiteur. Couchée dans son lit elle regarde les heures passées sans que personne n’arrive. Quand soudain les aiguilles se figent. Elle sent alors une magie d’une puissance gigantesque se rapprocher d’elle puis entend frapper à la porte. Elle se lève, va ouvrir et découvre sur son palier…Pardoes la mascotte du parc. Avec son costume de velours rouge et bleu, son visage figé dans un grand sourire et ses grands yeux qui la fixent. Elle se dit alors qu’il ne peut pas être celui qu’elle attend. Mais dans un éclair aveuglant la silhouette change soudain. Le costume est toujours identique mais le corps est plus fin. Le visage est celui d’un véritable être humain mais il dégage toujours une expression très amicale. Ebahie, elle ne bouge pas et ne peut s’empêcher de le fixer avec de grands yeux quand il rentre dans sa maison et s’installe à sa table. Puis il fait apparaitre un somptueux repas avec une énorme oie rôtie, plusieurs plats de pancakes et de grosses boules de chocolats. La sorcière ose enfin s’asseoir en face de lui et commence à l’écouter. Il lui raconte qu’elle ne donnait pas vie aux automates du parc, c’est lui qui s’incarnait en eux pour lui parler, cela l’a bien amusé d’ailleurs. Il dit être l’essence même d’Efteling, il a insufflé les idées pour les différentes attractions et tout ce qui s’y trouve dans l’esprit des hommes, pour créer un lieu magique dans lequel l’imagination des enfants se développerait. Il explique encore avoir caché sa présence parce qu’il ne connaissait pas les intentions de la sorcière, mais après l’attention qu’elle a porté au fakir il l’a jugé digne de recevoir son aide…et il sait ce qu’elle veut. La sorcière est surprise qu’il lise ainsi en elle, comme dans un livre ouvert et qu’il trouve une solution qu’elle ne connait pas elle-même. Il lui dit alors qu’il sait ce qu’elle ressent, elle se sent étrangère dans ce monde où peu d’êtres magiques habitent. Et donc il lui propose de l’amener dans un autre monde où la magie est omniprésente. Il fait alors apparaitre sur la table un livre gigantesque à la couverture faite d’écorces brunes et dont les pages sont dorées. C’est le livre de tous les contes de fées, toutes les histoires connues et inconnues des hommes s’y trouvent. Et Pardoes peut en faire un portail pour l’y envoyer, pour qu’elle puisse vivre au milieu d’êtres qui lui ressemblent. Elle grimace alors, elle connait suffisamment de contes pour savoir que les sorcières y ont toujours le rôle de méchante. Le magicien s’empresse alors de lui rappeler que de ce livre toutes les histoires ne sont pas connues, et beaucoup des contes inconnues ont des héros que la morale humaine peut juger trop vite comme des êtres mauvais. Dans ce monde ils sont grandement respectés. Elle réfléchit alors, c’est vrai que vivre dans un monde où elle n’aura pas besoin de cacher tous ses pouvoirs et où elle pourra les utiliser ouvertement est ce dont elle a toujours rêvé. Elle accepte donc la proposition de Pardoes, range rapidement ses affaires dans son sac sans oublier sa télévision bien sûr (il ne doit sûrement pas en avoir dans le monde des contes) et se mets en place en attendant que le magicien lance son sort. Pardoes commence alors à marmonner puis élève de plus en plus la voix en récitant un formule en latin jusqu’à finir par la hurler. Elle ne peut s’empêcher de se boucher les oreilles et de fermer les yeux et soudain elle disparait. Pardoes se retrouve seul dans la maison de pain d’épices, il ramasse le livre et le feuillette jusqu’au sommaire. Des lettres apparaissent d’une belle écriture pour inscrire le titre d’un nouveau conte : « La Voyante de l’Autre Monde ».

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